Gyeongju (경주) : la ville-mémoire du royaume de Silla
- Wander Bear Journey
- 16 févr. 2025
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Dernière mise à jour : 13 janv.
Gyeongju, située dans la province du Gyeongsang du Nord en Corée du Sud, est l’ancienne capitale du royaume de Silla (57 av. J.C. – 935 ap. J.C.), l’un des royaumes ayant dominé la péninsule coréenne durant près d’un millénaire. Cité emblématique du patrimoine coréen, elle conserve les vestiges d’une civilisation raffinée, profondément ancrée dans le bouddhisme et les arts.

Un centre politique et culturel millénaire
Durant son apogée sous Silla unifié (676-935), Gyeongju était l’une des plus grandes villes de l’Asie de l’Est, rivalisant avec Chang’an (actuelle Xi’ en Chine) et Nara au Japon. Elle était le centre névralgique du pouvoir, où vivaient la cour royale, les élites et les intellectuels. Son architecture, ses temples et son urbanisme témoignaient de la prospérité et de l’ingéniosité du royaume.
Gyeongju était aussi un centre bouddhiste majeur. L’adoption officielle du bouddhisme par Silla au VI° entraîna l’essor de nombreux temples et monastères, dont certains sont encore visibles aujourd’hui.
Les vestiges de Silla : une ville sculptée dans le temps
Les tumulus funéraires : l’une des particularités de Gyeongju réside dans ses immenses tumulus funéraires qui abritent les sépultures des souverains et des aristocrates de Silla. Ces monticules recèlent des artefacts précieux, comme des couronnes en or finement ciselées, des objets en jade et des céramiques raffinées, attestant du savoir-faire exceptionnel des artisans de l’époque.

L’observatoire de Cheomseongdae : construit sous le règne de la reine Seondeok (632-647), Cheomseongdae est l’un des plus anciens observatoires astronomiques d’Asie. Son architecture, composée de 362 blocs de pierre (représentant les jours de l’année lunaire), reflète la sophistication scientifique du royaume.

Le temple Bulguksa et la grotte de Seokguram : le temple Bulguksa, achevé en 774, symbolise l’harmonie entre l’homme et la nature selon les principes bouddhistes. Il conserve des pagodes emblématiques et des ponts en pierre d’une grande finesse. A proximité, la grotte de Seokguram abrite une statue monumentale du Bouddha, sculptée avec un réalisme et une sérénité qui traduisent l’apogée artistique de Silla.
L’étang de Wolji (anciennement Anapji) : commandé par le roi Munmu au VII°, cet étang artificiel faisait partie d’un complexe royal destiné aux banquets et aux rencontres diplomatiques. En 1975, des fouilles sous-marines ont révélé des centaines d’objets d’usage quotidien, témoignant du raffinement et de la vie à la cour de Silla.

Gyeongju après Silla : une mémoire préservée
Après la chute de Silla en 935, Gyeongju perdit son statut de capitale au profit de Gaegyeong (actuelle Kaesong) sous la dynastie Geryeo. Bien que la ville déclina, son patrimoine ne fut jamais totalement abandonné. Sous Joseon (1392-1897), certains temples furent restaurés, et la région continua d’être un centre culturel important.
Aujourd’hui, Gyeongju est un témoin vivant du passé, où l’histoire se lit à travers ses paysages et ses vestiges. Ses monuments inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO rappellent l’âge d’or d’un royaume dont l’influence a traversé les siècles.






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